04 février 2011

Variété ou pas variété?

Nous voyons régulièrement apparaître des pièces sortant directement des rebuts de l'Imprimerie de Périgueux.

Bien souvent ces pièces présentées comme des variétés ne sont finalement que des semi-finis mis au rebut après un contrôle visuel intermédiaire sur la ligne de fabrication ou des essais de mise en route.


Ce bloc de 4 timbres « Antibes – Juan-les-Pins », imprimé en Offset/Taille-douce sur la presse TD215 avec des barres phosphorescentes typographiques au type E, qui a été proposé dans une VO récemment à 1200€ avec comme description "Antibes, valeur faciale absente et brun absent, non dentelé accidentel" (il a été oublié sans barre phospho!) n'est en fait que le résultat de l'impression sur la presse Offset.
Tout ce qui est effectué dans un second temps sur la presse taille-douce (TD215) est absent, à savoir la valeur faciale, le brun, les barres phosphorescentes, la dentelure,....


Ces timbres peuvent être intéressants pour comprendre les différentes étapes de la fabrication des timbres mais il faut les acquérir en connaissance de cause.
Le prix de vente doit rester raisonnable et il ne faut pas duper les acheteurs éventuels avec une fausse désignation.

Ces pièces apparaissent régulièrement pendant et après les rassemblements philatéliques (Salon,...).
Les protagonistes, "fournisseurs" et "receleurs", sont connus du milieu philatélique spécialisé.
Pourquoi ces pratiques perdurent-elles sans que ces personnes professionnelles ou non ne soient inquiétées par les instances philatéliques (CNEP,...) et administratives (Fisc, Justice,...)?

Probablement pour les raisons suivantes:
- Phil@poste ne porte pas plainte,
- la CNEP ne fait pas correctement son travail de "gardien du temple",
- les experts les signent comme variétés,
- les catalogues les répertorient,
- les enjeux financiers sont non négligeables,
- (surtout) il y a un marché.

Sans marché il y a longtemps que ces pratiques auraient disparu.
Nous, philatélistes, sommes donc tous responsables de cette situation en acquérant ces semi-finis ou essais de mise en route.

De plus, certaines de ces pièces très souvent non-dentelées sont proposées à la vente par la suite dentelées frauduleusement.
Voir sur ce sujet l'article de Pascal Marziano sur le 0.70€ Emission commune France-Suisse - René Saint-Marceaux.


Un petit sondage sur ces sorties de l'Imprimerie de Périgueux.

sondage



3 commentaires:

Anonyme a dit…

Tu as le mérite de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas!
Mais comment entrayer ces pratiques??

Anonyme a dit…

Plusieurs solutions existes et les plus faciles sont à mon avis:
- Les dénoncer régulièrement sur des blogs ou sites comme celui-ci.
- Créer le débat comme le fait Olivier.
- Avoir une bonne connaissance de la fabrication des timbres pour pouvoir discerner une véritable variété d'un rebut.
- Boycotter tous ces semi-finis ainsi que toutes les pièces signées par un expert ayant déjà signé un rebut comme étant une variété.
- Si vous avez d'autres idées...

Thierry

Vervelle a dit…

C'est effectivment préoccupant ctte situation qui perdure depuis Lamouche. Continuer à dénoncer ces pratiques est en effet une bonne chose.
La presse philatélique devrait peut être enfoncer davantage le clou. Il me semble que T.Mag en a parlé du temps des Lamouche.
Une association philatélique peut elle se porter partie civile ?
Vervelle